• Le Blog des 2 ailes

Aline Crépeau, facilitatrice en intelligence collective

Si je vous dis « la connaissance de soi », ça vous évoque quoi ?

Interview réalisée par Sylvie Huron le 24 avril

Cela m’évoque un chemin de randonnée en haute montagne. Un chemin non balisé, et sans fin, sans carte topographique. Quelque-fois on progresse vite, la vue se dégage, ça nous donne l’impression d’une certaine clairvoyance. Et puis d’autres passages sont plus difficiles, on a envie de rebrousser chemin.


Ce chemin est ponctué de rencontres :

- Les guides nous aident à avancer, nous font accoucher de « qui on est » : psys, professionnels de l’accompagnement, par exemple.

- Les sherpas font un bout de chemin avec nous, ils connaissent les passages, ils vont nous aider un peu. Ce sont des gens que l’on rencontre (un collègue, un partenaire, un ami…) et qui nous font avancer, certains ne savent même pas qu’ils nous aident, ou qu’ils nous remettent sur le bon sentier parce qu’on s’était perdu !


Est-ce important en ce moment particulièrement ?

En ce moment, la connaissance de soi nous aide à développer notre résilience, à mieux gérer nos états émotionnels, les peurs individuelles et collectives, et à aborder les transformations qu’il faudra engager demain. C’est donc très important oui !


Le confinement peut être un accélérateur pour ceux qui veulent regarder à l’intérieur d’eux-mêmes. J’aime beaucoup Irvin Yalom, professeur de psychiatrie et auteur, il dit que pour établir une relation avec autrui, il faut avant tout établir une relation avec soi-même.


Ces connaissances de vous-même acquises en chemin ont-elles une influence sur votre métier ?

Mon métier est d’accompagner les équipes dans les transformations : transformer la façon de travailler ensemble. Les équipes ce sont « des êtres humains qui font équipe », dans les entreprises, les associations, les réseaux, les universités, écoles, etc. J’invite la créativité, l’ouverture, la coopération, l’intelligence collective à émerger.

Ma mission est de transformer notre façon de travailler ensemble et de vivre ensemble dans le monde professionnel, pour remettre l’humain au centre dans un objectif de durabilité : pour la planète bien sûr, mais aussi pour des relations durables. Il s’agit de grandir ensemble et de développer l’écologie humaine.


Cette démarche (de connaissance de moi) me permet de sans cesse remettre en cause ma façon d’être et de faire. Je pose des règles : d’ouverture, de présence, de curiosité, je dois donc les « incarner ». Chacun parle en fonction de sa position intérieure, ça influe sur les relations aux autres. Si je suis en colère et que je ne parviens pas à me distancier de cette émotion, je vais la transmettre d’une façon ou d’une autre dans mon intervention, je n’aurai pas la même ouverture et la même présence au groupe !


Plus on avance sur le chemin de la connaissance de soi, plus l’estime de soi et la confiance en soi grandissent.

Elles nous donnent alors l’autorisation d’agir de façon plus spontanée, d’adapter en conscience l’intervention, tout en étant en lien avec le groupe.


Quel est le lien entre cela et le « positionnement » de votre entreprise ?

Mon entreprise s’appelle « Les Chantiers insolites » : c’est la promesse d’ouvrir une belle page, commencer un chantier de transformation, « on retrousse ses manches et on ose ».

Insolite c’est parce que ça étonne, ça surprend. Parce que ça crée et que ça transforme.

Et c’est aussi étonnant car j’emploie des méthodes insolites ! Je suis très curieuse, j’ose, j’explore, je mélange des outils, je voudrais encore plus oser, car pour transformer il faut sortir de sa zone de confort, prendre des risques.


Voulez-vous ajouter quelque chose à l’attention de ceux qui font le magazine ?

Merci de créer ce magazine, un espace d’inspiration pour notre « communauté », celui où l’on pourra s’y retrouver. J’ai envie de vous dire : étonnez-nous !


Aline Crépeau

LES CHANTIERS INSOLITES

www.leschaniersinsolites.com